• Facebook
  • Twitter
  • Google +

Le barrage au passé

Le barrage au passé - Alexandra Roy

Chaque femme a sa vision de la vieillesse. Pour certaines, ce sont les cheveux blancs, pour d’autres, ce sont les rides du visage. En ce qui concerne ma mère, ce sont les taches brunes peau des mains qui est le signe le plus évident de l’installation de la vieillesse dans le corps d’une femme. C’est ce qu’elle me disait sans cesse lorsqu’elle se passait sa crème dite un peu magique, qu’elle se faisait faire par une homéopathe. Lorsque j’étais plus jeune, elle avait tendance à très souvent montrer ses mains un peu esquintées par le froid, ou par le ménage qu’elle faisait, en me soulignant sans arrêt sa soumission à un devoir maternel qu’elle pensait injuste. Elle n’avait de cesse de répéter que sans ma présence, sa vie aurait été beaucoup plus intéressante, et plus complète. Lorsqu’elle découvrait sur son visage, quelques rides de plus ou une tache brunâtre. Elle ne pouvait s’empêcher de me mettre en cause, comme si je possédais l’effet de la rendre plus âgée. En grandissant, elle devenait de plus en plus acariâtre, au point de prendre plaisir à diffamer à mon propos en ne ressentant aucune gêne.

Me voilà aujourd’hui sur le berceau de mon enfant. Ce petit être qui vient d’arriver à la vie grâce à qui, je dois donner une bonne raison à mon existence. Ce petit être tout neuf qui ne possède encore aucun préjugé, ni aucun préavis sur qui que ce soit. Ce petit être qui ne doit en aucun cas porter le lourd fardeau de toutes mes anciennes colères et mes désespoirs. Pour qui je dois faire tous les efforts pour ne transmettre, qu’une part d’amour qui n’a cependant, jamais préexisté en moi. À chaque fois que je pose mon regard sur mon bébé, je ne vois en lui qu’espoir et évolution. Même si, à chaque fois, mes souvenirs reviennent en force pour me hanter tous mes esprits du massacre répété, presque tous les jours de ma vie d’antan, de la haine et du mépris de ma mère, je fais vœux à chacun de ses souffles de ne jamais fléchir et ne jamais démontrer ne serait-ce qu’une seule fois la moindre trace de mes anciens malheurs, et encore moins, la moindre ressemblance de comportement, similaire à celui de ma mère. J’ai la charge dorénavant d’aller de l’avant, et de ne vivre que pour donner le meilleur qui me reste au fond de moi. Pourvu que j’y arrive.

 

The author:

author

Bonjour, mon nom est Alexandra Roy. Je suis une jeune étudiante passionnée par la vie et j'adore le vraiment le Web. Mon blogue, c'est un espace créatif qui vous jase de mon quotidien et de mes passions. Je vous avertis, mes projets et mes goûts sont diversifiés, c'est donc toute une aventure de me lire.